un itinéraire désormais incontournable
Il y a quelques années, en 2019, Mountain Biking UK venait rouler avec nous du Queyras vers les vallées du Piémont.
En ressortant aujourd’hui ce reportage des archives, on retrouve les premières années du VTTAE, quelques vieilles connaissances… et surtout ces montagnes que nous continuons à parcourir.

« Ain’t no mountain high enough »
C’est le titre qu’avait choisi Mountain Biking UK.
À l’époque, GUIL-E-BIKE avait encore quelques années seulement. Nous étions installés confortablement dans le Queyras et le VTTAE commençait tout juste à changer notre manière d’imaginer de grandes journées en montagne.
Chris Barnard, James Blackwell et le photographe Andy Lloyd étaient venus d’Angleterre pour voir ce que l’on pouvait réellement faire avec ces vélos dans les Alpes. Nous leur avions proposé de partir avec nous vers le Piémont, notre petit coin de paradis…

En ressortant le magazine aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. Les vélos évidemment, le matériel, le fourgon GUIL-E-BIKE que l’on aperçoit sur les photos, désormais plus de monde sur les trails, le secret a été partagé…
Mais lorsque l’on regarde derrière tout ça, le terrain est toujours là, le Queyras, les premiers cols à plus de 2 000 mètres, les mélèzes, les vallées occitanes, les anciennes pistes militaires et cette succession de vallées qui donne immédiatement envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la montagne suivante.
De l’autre côté de la frontière
Depuis le Queyras, l’Italie n’a jamais vraiment été une destination lointaine. La frontière passe sur les sommets. Les chemins, eux, passent d’un côté à l’autre.
Depuis plusieurs années déjà, nous explorions ces passages pour construire une traversée capable d’enchaîner les vallées jusqu’à la mer, plutôt que de rayonner autour d’un même point.
Durant ce reportage avec MBUK, nous en avons parcouru une partie ensemble.

Les premières journées se déroulent dans le Queyras. Mont-Dauphin, les hauteurs de l’Izoard, les forêts de mélèzes. Une première chute de neige est venue blanchir les sommets pendant la nuit et donne aux photos cette lumière assez improbable entre automne et hiver. Puis nous prenons de l’altitude, le col Agnel, à 2 744 mètres, marque le passage vers l’Italie et le Val Varaita.
À partir de là, le paysage change, et le voyage commence réellement à prendre cette dimension que nous recherchions : passer un col, descendre dans une vallée, traverser un village et repartir vers le suivant.
Sampeyre, les chemins militaires et les vallées piémontaises
Plus au sud vient le col de Sampeyre, à 2 284 mètres.
On rejoint la Strada dei Cannoni, cette ancienne route militaire qui suit longuement les hauteurs. Des kilomètres de pistes et de chemins construits dans un relief où l’histoire a laissé quantité de passages aujourd’hui particulièrement intéressants à vélo.
Le reportage raconte aussi tout ce qu’une trace GPS ne montre pas…

Les troupeaux qui coupent la route. Les chiens de protection qu’il vaut mieux ne pas contrarier. Les bouquetins. Les villages traversés. Les fontaines où l’on remplit les gourdes. Les repas qui rendent le départ de l’après-midi légèrement plus compliqué que prévu… Et puis les chemins.
Du minéral, des passages étroits, des forêts, des épingles, de longues traversées et des descentes qui changent complètement de caractère à mesure que l’on perd de l’altitude.
Le Piémont que nous découvrions alors à VTT était encore très peu fréquenté. Et il y avait surtout énormément à chercher.
Bien avant la Stone King
Ces pages prennent forcément une autre dimension lorsqu’on les regarde aujourd’hui.
À cette époque, ces vallées étaient peu connues comme destination VTT au-delà de la frontière. La Stone King a depuis fait un travail considérable pour révéler cet axe de traversée des Alpes du Sud et du Piémont à une clientèle internationale.

Lorsque MBUK roulait avec nous, nous étions déjà depuis plusieurs années en train d’explorer ces montagnes et de construire notre propre ligne à travers le Piémont pour rejoindre la mer.
Pas besoin, finalement, d’en dire beaucoup plus. Les pages du magazine racontent assez bien l’histoire.
Une Trans-Piémont qui continue d’évoluer
Depuis ce reportage, nous avons continué à rouler.
À revenir sur certains passages. À en abandonner d’autres. À trouver une meilleure descente dans une vallée ou un autre moyen de rejoindre la suivante. Nous avons même réintégré ou simplement ajouté de nouveaux parcours remis à neuf par les équipes locales suite aux premières éditions de la Stone King Rally. Gracie mille!

Car comme tout séjour VTT, un itinéraire comme celui-ci n’est jamais vraiment terminé. L’érosion, les projets locaux, les coupes de bois, les glissements de terrain, les traces sauvages…
Le Val Varaita mène au Val Maira. Puis viennent la Valle Stura et les Alpes ligures qui s’abaissent progressivement vers le sud. Le paysage change. Les grandes faces minérales laissent davantage de place aux forêts. Les villages changent eux aussi. L’influence méditerranéenne finit par se faire sentir.
Mais l’idée reste exactement la même qu’à l’époque où ces journalistes anglais nous accompagnaient :
Partir de la maison dans le Queyras pour rejoindre la mer en traversant le Piémont par les chemins occitans…
Une succession de cols, de vallées, de rencontres et de plats de pâtes qui finit, quelques jours plus tard, par nous conduire jusqu’à la Méditerranée.
Quelques pages retrouvées dans les archives
Relire ce reportage aujourd’hui nous ramène forcément quelques années en arrière.

On pourrait surtout retenir les premiers VTTAE, les équipements d’une autre époque ou quelques anecdotes dont MBUK avait fait son récit.
Mais ce qui nous intéresse davantage se trouve derrière, ces montagnes que l’on reconnaît immédiatement, ces chemins que l’on roule encore.
Et cette envie, déjà bien présente à l’époque, de savoir jusqu’où ils pouvaient nous emmener.
La réponse, depuis, on est allé la chercher et nous l’avons trouvée !
Merci pour ces belles images et ces articles les gars.
Reportage Chris Barnard & James Blackwell pour Mountain Biking UK.
Crédits photos : PIC © Andy Lloyd www.andylloyd.photography




