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La « Trans-Piémont » en VTTAE

Déjà une autre façon de traverser les Alpes… En 2019, Mountain Biking UK revenait rouler avec nous dans le Queyras et le Piémont. Cette fois, le sujet était clairement posé…

  • Dans les médias

Déjà une autre façon de traverser les Alpes…

En 2019, Mountain Biking UK revenait rouler avec nous dans le Queyras et le Piémont. Cette fois, le sujet était clairement posé : que change réellement l’assistance électrique lorsqu’on construit un voyage VTT en montagne ? Notre réponse était déjà assez éloignée de l’idée consistant simplement à parcourir les mêmes itinéraires avec un moteur.

Magazine ouvert sur le reportage Haute E-Culture

Haute E-Culture

C’est sous ce titre que Mountain Biking UK publiait en 2019 un nouveau reportage réalisé avec GUIL-E-BIKE.

Quelques années après leur première venue, les journalistes anglais revenaient dans les Hautes-Alpes. Le VTTAE avait entre-temps sérieusement évolué. Les vélos devenaient plus fiables, plus performants et commençaient à trouver leur place en montagne.

De notre côté, cela faisait déjà longtemps que nous avions cessé de considérer l’assistance électrique comme un simple moyen de monter plus facilement.

Elle était devenue un outil pour construire autrement nos itinéraires.

C’est probablement ce que racontent le mieux ces pages retrouvées dans nos archives.

Pas le même vélo, donc pas tout à fait le même voyage

En 2019, le débat autour du VTTAE était encore assez binaire. Pour ou contre. Vrai vélo ou pas vrai vélo.

Pendant ce temps-là, nous étions surtout occupés à comprendre ce que ces machines permettaient de faire sur le terrain.

Très vite, une évidence s’était imposée : prendre une traversée conçue pour un VTT classique et la parcourir avec une batterie n’était pas forcément très intéressant.

L’assistance permettait autre chose.

Remonter une piste que nous n’aurions jamais choisie dans l’autre sens. Aller chercher un col supplémentaire. Partir plus bas dans la vallée pour rejoindre un sentier situé beaucoup plus haut. Enchaîner deux secteurs qui nécessitaient auparavant une navette. Ou modifier complètement un départ pour privilégier la qualité de la descente qui suivrait.

Autrement dit, le moteur ne changeait pas seulement l’effort. Il changeait la géographie de nos journées.

Construire une Trans-Piémont pour le VTTAE

C’est particulièrement vrai sur une traversée.

Entre le Queyras et le Piémont, les possibilités sont immenses. Mais elles ne s’enchaînent pas toujours naturellement.

Une très belle descente peut terminer beaucoup trop bas. Le départ intéressant du lendemain peut se trouver sur l’autre versant. Un ancien chemin militaire peut permettre de reprendre 700 ou 800 mètres d’altitude avant d’aller chercher un passage qui aurait été difficilement envisageable dans une journée classique.

C’est là que le VTTAE devient intéressant.

Nous avons donc progressivement construit une lecture spécifique de la Trans-Piémont pour l’e-bike.

Pas nécessairement plus facile. Différente.

Les points de départ peuvent changer. Les déposes aussi. Certaines montées prennent tout leur sens avec l’assistance, quand d’autres restent inutiles. Et l’autonomie impose à son tour ses propres choix : longueur des étapes, dénivelé, terrain, niveau du groupe, consommation et possibilités de recharge.

Tout cela se travaille bien avant le départ.

Monter haut pour mieux redescendre

Le reportage de MBUK donne une bonne idée de ce que nous recherchions.

Les journalistes nous suivent sur des journées où l’on passe rapidement du fond des vallées à la haute montagne. Ils racontent les longues montées, les anciennes pistes militaires, les passages en altitude et cette succession de sentiers parfois étroits, parfois cassants, souvent très éloignés de l’image d’un parcours e-bike tranquille.

Car l’autre contresens fréquent à l’époque consistait à associer assistance électrique et facilité technique.

Pour nous, les deux sujets n’avaient rien à voir.

Le moteur pouvait nous aider à rejoindre le départ d’un sentier.

Il ne descendait pas le sentier à notre place.

Et c’était justement tout l’intérêt.

Dans l’article, l’un des journalistes se retrouve sur un single suffisamment étroit et exposé pour commencer à chanter afin de se rassurer. Plus loin viennent les épingles, les cailloux, les terrains fuyants et les longues descentes de montagne.

Les vélos ont énormément progressé depuis.

Les sentiers, eux, n’ont pas tellement changé.

Le VTTAE comme outil de voyage

Avec le recul, c’est probablement cette idée que nous retenons le plus de cette période.

Le VTTAE nous intéressait moins pour ce qu’il simplifiait que pour les portes qu’il ouvrait.

Pouvoir monter davantage permettait d’imaginer d’autres enchaînements. Une montée qui aurait occupé une demi-journée devenait une liaison. Une piste forestière sans grand intérêt pouvait servir à rejoindre un vallon remarquable. Une étape pouvait comporter plusieurs vraies montées et plusieurs vraies descentes sans nécessiter systématiquement un véhicule.

Il devenait possible de dessiner une traversée avec une logique différente.

Et sur le versant italien des Alpes, avec ses anciens chemins militaires, ses cols et ses vallées parallèles, le terrain s’y prêtait particulièrement bien.

C’est ainsi que nous avons travaillé la Trans-Piémont en VTTAE : non pas comme l’adaptation électrique d’un voyage existant, mais comme un itinéraire à part entière.

2019

Ces pages de Mountain Biking UK ont aujourd’hui un intérêt particulier.

Elles figent assez précisément une époque.

Les VTTAE que l’on y voit semblent presque appartenir à une autre génération. Les batteries étaient plus petites, les géométries moins abouties et gérer l’autonomie sur plusieurs grosses journées demandait parfois un peu plus d’imagination qu’aujourd’hui.

Mais en regardant les itinéraires parcourus, la logique était déjà là.

En 2019, nous utilisions le VTTAE pour construire des traversées spécifiques en haute montagne, choisir d’autres accès, modifier les déposes et aller chercher des enchaînements que nous n’aurions pas imaginés de la même manière avec un VTT classique.

Six ou sept ans plus tard, la technologie a énormément évolué.

Notre façon de travailler aussi.

Mais le principe n’a finalement pas beaucoup changé.

Du GUIL-E-BIKE d’hier au DU BEAU VÉLO d’aujourd’hui

Depuis, GUIL-E-BIKE a laissé la place à DU BEAU VÉLO.

Et ce changement de nom dit aussi quelque chose de notre évolution.

Nous ne voulons plus définir nos voyages par la présence ou non d’un moteur. Nous roulons en VTT comme en VTTAE, et construisons nos séjours en fonction du terrain, du niveau et des envies de ceux qui viennent rouler avec nous.

Mais nous n’avons pas oublié ces années passées à expérimenter ce que l’e-bike pouvait apporter au voyage en montagne. Au contraire.

Cette expérience nous permet aujourd’hui de proposer deux lectures d’un même massif, qui ne sont pas nécessairement les mêmes : une traversée pensée pour le VTT classique et une autre pensée pour le VTTAE.

Parce qu’après toutes ces années, une chose reste assez évidente :

changer de vélo peut aussi être une bonne raison de changer de chemin.

Panneau de frontière Italia face aux montagnes bleutées

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